Maladies et RQTH : ce qui compte vraiment pour la MDPH
Mis à jour le · Sources officielles

Il n'existe pas de liste de maladies
Le Code du travail définit le travailleur handicapé comme toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique.
Cette définition ne cite aucune maladie. Conséquences concrètes :
- deux personnes avec le même diagnostic peuvent recevoir des décisions différentes, car leurs difficultés au travail ne sont pas les mêmes ;
- vos difficultés doivent venir de votre état de santé, et non d'une autre cause ;
- la RQTH ne dépend pas d'un taux d'incapacité, contrairement à l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ;
- une affection de longue durée (ALD) ne vaut pas RQTH : c'est une prise en charge des soins par l'Assurance Maladie, pas une reconnaissance de handicap.
La MDPH n'a donc pas besoin de savoir seulement « ce que vous avez », mais surtout ce que cela change dans votre travail.
Repères selon les situations
Les exemples ci-dessous décrivent des difficultés et des aménagements possibles. Chaque situation est différente : ces repères ne préjugent pas de la décision de la MDPH.
Les maladies chroniques évolutives
Sclérose en plaques, polyarthrite, maladies inflammatoires de l'intestin, VIH, insuffisance rénale : ces maladies peuvent évoluer par poussées ou s'aggraver lentement.
- Difficultés possibles : fatigue importante, poussées imprévisibles, absences pour les soins, effets secondaires des traitements.
- Aménagements fréquents : horaires souples, télétravail certains jours, temps partiel, pauses, poste proche des sanitaires, matériel qui limite l'effort.
Le cancer
Pendant et après les traitements, la reprise du travail n'est pas toujours simple.
- Difficultés possibles : fatigue souvent durable, douleurs, troubles de la concentration et de la mémoire, lymphœdème, anxiété.
- Aménagements fréquents : reprise progressive avec un temps partiel thérapeutique, aménagement du poste proposé par le médecin du travail, adaptation de la charge de travail.
La RQTH peut être demandée pendant les traitements. La MDPH fixe sa durée selon l'évolution prévisible. Voir aussi RQTH, arrêt maladie et inaptitude.
Le diabète
- Difficultés possibles : besoin de contrôler sa glycémie et de manger à heures régulières, gestion des hypoglycémies, rendez-vous médicaux, complications touchant parfois la vue ou les pieds.
- Aménagements fréquents : horaires réguliers, possibilité de faire une pause pour vos contrôles et vos repas, lieu adapté pour vos soins, adaptation du poste si des complications apparaissent.
L'endométriose
- Difficultés possibles : douleurs pelviennes aiguës, fatigue importante et chronique, retentissement sur le moral.
- Aménagements fréquents : horaires ou poste aménagés, jours de télétravail supplémentaires, temps partiel thérapeutique après un arrêt long.
Le médecin du travail est un bon point de départ. Vous n'êtes pas obligée d'informer votre employeur ou votre responsable de votre maladie.
Les douleurs chroniques
Fibromyalgie, lombalgies chroniques, migraines sévères, troubles musculosquelettiques : la douleur peut limiter certains gestes ou postures.
- Difficultés possibles : station debout ou assise prolongée, port de charges, gestes répétitifs, fatigue, crises imprévisibles.
- Aménagements fréquents : siège ergonomique, bureau assis-debout, alternance des tâches, pauses, réduction du port de charges, télétravail.
Les troubles psychiques
Dépression, troubles bipolaires, troubles anxieux, schizophrénie : les personnes qui vivent avec un trouble psychique peuvent travailler, avec un environnement adapté.
- Difficultés possibles : fatigabilité, difficultés de concentration, sensibilité au stress, effets des traitements, périodes de fragilité.
- Aménagements fréquents : organisation stable et prévisible, consignes claires, environnement calme, horaires adaptés, reprise progressive, accompagnement dans la durée (par exemple l'emploi accompagné).
Les troubles du neurodéveloppement
Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), troubles « dys » (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie), troubles du spectre de l'autisme : ces troubles peuvent être repérés à l'âge adulte.
- Difficultés possibles : attention, organisation, lecture ou écriture, coordination des gestes, sensibilité au bruit ou à la lumière, codes sociaux implicites.
- Aménagements fréquents : logiciels d'aide (synthèse vocale, correcteur), consignes écrites, tâches découpées, espace calme ou casque, délais adaptés.
Pour les troubles psychiques, les troubles du neurodéveloppement et les maladies chroniques invalidantes, l'Agefiph finance des appuis spécifiques : des spécialistes évaluent la situation et proposent des solutions de compensation. Ils sont gratuits et réservés aux bénéficiaires de l'obligation d'emploi, sur demande d'un conseiller (France Travail, Cap emploi, mission locale) ou de l'employeur.
Les autres handicaps invisibles
Troubles de l'audition ou de la vue, épilepsie, maladies cardiaques ou respiratoires, séquelles d'un accident : beaucoup de situations ne se voient pas. Par exemple, l'Agefiph peut participer au financement de prothèses auditives (jusqu'à 1 700 €) si vous travaillez ou cherchez un emploi.
Bien décrire vos difficultés dans le dossier
La MDPH décide à partir de votre dossier. Plus il est précis et concret, mieux elle comprend votre situation.
Avec votre médecin : le certificat médical
Le certificat médical (Cerfa n° 15695*01) est rempli par un médecin qui connaît votre handicap, après un examen. Il est valable 12 mois. Il doit indiquer :
- les diagnostics et les éléments cliniques ;
- les répercussions sur votre vie quotidienne et professionnelle ;
- le caractère régulier ou fluctuant des troubles ;
- les traitements, leurs contraintes et leurs effets secondaires ;
- les aides déjà en place.
Notez à l'avance ce qui vous pose problème au travail : les tâches difficiles, leur fréquence, la fatigue des jours suivants, les absences. Apportez vos comptes rendus récents (hospitalisations, consultations, bilans). En cas de troubles de l'audition ou de la vue, le certificat a un volet à faire remplir par l'ORL ou l'ophtalmologue.
Dans le formulaire de demande
Dans le formulaire de demande à la MDPH (Cerfa n° 15692*01), remplissez la partie D, consacrée à votre situation professionnelle, et cochez la demande de RQTH. Décrivez des situations réelles plutôt que des généralités :
| Plutôt que | Écrivez par exemple |
|---|---|
| « Je suis souvent fatigué(e). » | « Après une matinée de travail, je dois m'allonger. Deux à trois jours par mois, je ne peux pas travailler. » |
| « J'ai du mal à me concentrer. » | « En open space, je fais des erreurs dès qu'on m'interrompt. J'ai besoin d'un lieu calme pour les tâches longues. » |
| « J'ai mal au dos. » | « Je ne peux pas rester assis(e) plus de 45 minutes ni porter des cartons. » |
Expliquez aussi ce que vous avez déjà essayé et ce qui vous aiderait. Vous pouvez joindre un CV, un avis du médecin du travail ou un bilan d'ergothérapie ou de neuropsychologie.
On a souvent tendance à décrire ses meilleurs jours. Décrivez aussi les mauvais : c'est sur eux que repose l'appréciation de vos possibilités réelles de travail.
Vous faire aider
Le médecin du travail, une assistante sociale, Cap emploi, l'accueil de votre MDPH ou une association de patients peuvent vous aider à remplir le dossier. Notre guide de la demande pas à pas détaille chaque étape.
Ce que la RQTH ne garantit pas
- La décision n'est jamais automatique. La MDPH apprécie chaque situation. En cas de refus, vous avez 2 mois pour faire un recours : voir refus et recours.
- La durée dépend de l'évolution prévisible. La RQTH est accordée de 1 à 10 ans, ou sans limite de durée si votre handicap ne peut pas évoluer favorablement.
- Elle ne vous oblige à rien. Vous restez libre d'en parler ou non à votre employeur : voir dire ou non sa RQTH à son employeur.
Questions fréquentes
Existe-t-il une liste de maladies qui donnent droit à la RQTH ?
Non. La loi ne vise aucune maladie en particulier. Elle parle de personnes dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont réduites par l'altération d'une fonction physique, sensorielle, mentale ou psychique. La MDPH examine donc votre situation au cas par cas.
Une affection de longue durée (ALD) donne-t-elle droit à la RQTH ?
Pas automatiquement. L'ALD concerne la prise en charge de vos soins par l'Assurance Maladie. Ce n'est pas forcément une situation de handicap. Si votre maladie a des conséquences sur votre travail, vous pouvez en revanche demander la RQTH à la MDPH.
Mon handicap ne se voit pas : puis-je quand même demander la RQTH ?
Oui. Fatigue, douleurs, troubles de l'attention ou troubles psychiques peuvent réduire vos possibilités de travailler sans être visibles. Ce qui compte, c'est de décrire précisément leurs conséquences dans votre dossier. Et vous restez libre de ne pas en parler à votre employeur.
Ma maladie évolue par poussées. Comment le faire comprendre à la MDPH ?
Décrivez vos bons et vos mauvais jours : leur fréquence, leur durée et ce que vous ne pouvez plus faire pendant une poussée. Le certificat médical prévoit d'indiquer si les troubles sont réguliers ou fluctuants : demandez à votre médecin de le préciser.
La MDPH peut-elle refuser la RQTH malgré une maladie grave ?
Oui, si elle estime que vos possibilités de travailler ne sont pas réduites par votre état de santé. Vous pouvez alors faire un recours dans un délai de 2 mois, en apportant des éléments plus précis sur vos difficultés au travail.
Sources officielles
Informations vérifiées le 9 octobre 2026 sur les sites suivants. En cas de doute, ce sont eux qui font foi.
- Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) (Service-Public.fr)
- Code du travail, article L5213-1 (définition du travailleur handicapé) (Code du travail numérique)
- RQTH : reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (Mon Parcours Handicap)
- Certificat médical (formulaire Cerfa n° 15695*01) (Mon Parcours Handicap)
- Compenser votre handicap dans l'emploi (Mon Parcours Handicap)
- Appuis spécifiques (Agefiph)
- Endométriose : quels aménagements au travail ? (Mon Parcours Handicap)
- Reprendre le travail après un cancer du sein (ameli.fr)
- ALD : affection de longue durée (Mon Parcours Handicap)